Dans une proposition commerciale B2B, le vendeur reformule le problème du client et décrit sa solution. Il y indique ensuite le montant, puis il fixe la prochaine étape jusqu’à la signature. Chez Bonjour Prénom, nous apprenons aux équipes de nos clients à l’écrire pour le décideur qui n’était pas au rendez-vous. Selon RAIN Group, Center for Sales Research, 47 % des propositions se transforment en vente en moyenne, contre 72 % pour les meilleurs vendeurs. Le vendeur gagne cet écart de 25 points sur la façon dont il écrit et présente sa proposition, à offre égale.

Nous déroulons ici la méthode que nous transmettons en mission, de la prise de notes en rendez-vous jusqu’à la relance. Vous pouvez l’appliquer dès votre prochaine proposition, avec le modèle de document que vous utilisez aujourd’hui.

72%
des propositions envoyées par les meilleurs vendeurs aboutissent à une vente, contre 47 % en moyenne.
Source : RAIN Group, Center for Sales Research

Qu’est-ce qu’une proposition commerciale ?

Dans une proposition commerciale, le vendeur engage son entreprise par écrit sur un périmètre chiffré et daté. Le client y cherche la réponse à une seule question : ce fournisseur a-t-il compris ce que nous voulons régler ? En B2B, la personne qui signe a rarement assisté à tous les rendez-vous. Elle lit le document seule, souvent entre deux réunions.

Ce que le vendeur ajoute au devis

Dans un devis, le vendeur aligne des lignes de prix et des quantités. Dans une proposition commerciale, il reprend ce devis, mais il commence par la situation du client et il termine par une date de décision. Une PME qui envoie un devis seul à un acheteur qui compare trois fournisseurs le laisse trancher sur la dernière ligne, faute d’autre critère.

Le vrai lecteur de votre proposition

Votre interlocuteur du rendez-vous transmet le document à son directeur, à la direction financière ou à un comité. Ces lecteurs n’ont entendu ni vos questions ni ses réponses. Vous écrivez donc pour un décideur absent, qui doit comprendre en cinq minutes pourquoi il signerait avec vous.

Rubrique
Proposition catalogue
Proposition écrite pour le décideur
Première page
L’historique et les références du fournisseur
La situation du client, avec ses mots et ses chiffres
Solution
La liste complète des prestations possibles
Les seules prestations qui règlent le problème décrit
Prix
Un tableau détaillé sans lien avec l’enjeu
Un prix rapporté au coût du problème pour le client
Fin du document
« Nous restons à votre disposition »
Une date de décision et la prochaine étape

Avant d’écrire : les quatre informations à obtenir en rendez-vous

Une proposition faible vient presque toujours d’un rendez-vous de découverte incomplet. Le commercial rentre au bureau avec des notes sur le produit et il découvre devant sa page blanche qu’il ignore qui décide. Avant de quitter le rendez-vous, il vérifie qu’il a noté ces quatre réponses.

Les questions à poser avant de promettre une proposition
1
Quel problème voulez-vous régler et combien vous coûte-t-il aujourd’hui ?
2
Qui d’autre que vous lira la proposition et donnera son accord ?
3
Quels autres fournisseurs ou quelles autres solutions comparez-vous ?
4
À quelle date devez-vous avoir choisi et qu’est-ce qui fixe cette date ?

Selon Demand Gen Report, 2022 B2B Buyer Behavior Survey, 68 % des acheteurs B2B citent la connaissance de leur entreprise et de leurs besoins comme premier critère de choix du fournisseur retenu. Un acheteur juge cette connaissance sur la première page de votre proposition. Si vous n’avez pas obtenu la réponse à la première question, vous reprenez rendez-vous avant d’écrire.

Ce que le terrain nous apprend En recomptant l’historique CRM d’une PME de services financiers B2B, d’octobre 2022 à juin 2026, nous avons trouvé 164 démonstrations, 81 propositions et 54 signatures. L’équipe perdait la moitié de ses opportunités entre la démonstration et la proposition. Nous avons donc travaillé avec elle la fin du rendez-vous de démonstration, avant de retoucher son modèle de proposition.

Rédiger la proposition en quatre blocs, dans l’ordre du lecteur

Nous gardons quatre blocs, que le commercial remplit dans cet ordre. Une proposition de quatre à six pages suffit pour la plupart des ventes de PME, annexes techniques à part.

1
Votre situation
2
Notre solution
3
Prix et conditions
4
Prochaine étape

Bloc 1. La situation du client, avec ses mots

Vous reprenez en une page ce que le client vous a dit : son problème, ce qu’il lui coûte et l’objectif qu’il s’est fixé. Vous citez ses expressions telles que vous les avez notées. Le décideur qui lit cette page reconnaît la situation de son entreprise et il poursuit sa lecture. S’il ne la reconnaît pas, il saute au prix.

Bloc 2. La solution, limitée à ce qui règle le problème

Vous décrivez uniquement les prestations qui règlent la situation du bloc 1 et vous reliez chacune à un point de cette page. Le commercial qui ajoute des options « pour montrer l’étendue de l’offre » allonge sa proposition. Il offre aussi à l’acheteur des lignes à retirer pendant la négociation. Pour prouver ce que vous avancez, citez une référence comparable avec un résultat chiffré plutôt qu’une page de logos. Nous détaillons cette méthode dans notre article sur la preuve sociale B2B.

Bloc 3. Le prix, rapporté à l’enjeu

Vous présentez le prix juste après la solution, sans le cacher en annexe. Vous le rapportez au coût du problème décrit dans le bloc 1, afin que le décideur compare deux montants qui le concernent. Selon Marn et Rosiello, « Managing Price, Gaining Profit », Harvard Business Review, 1992, une hausse de prix de 1 % améliore le résultat d’exploitation de 11,1 %, contre 3,3 % pour une hausse de volume de 1 %. Une remise accordée par réflexe dans la proposition coûte donc cher à votre marge. Notre article sur le pricing B2B en PME traite la construction du prix lui-même.

Effet d’une hausse de prix de 1 % sur le résultat d’exploitation+11,1%
Effet d’une baisse des coûts variables de 1 %+7,8%
Effet d’une hausse de volume de 1 %+3,3%

Bloc 4. La prochaine étape, avec une date

Vous terminez par les dates qui suivent la lecture. Vous indiquez la réunion de présentation, la décision annoncée par le client et le démarrage possible. Le client voit ainsi le calendrier qu’il a lui-même fixé en rendez-vous. Vous ajoutez le nom de la personne à appeler en cas de question, avec sa ligne directe.

Le piège de l’envoi par email sans présentation Beaucoup de commerciaux envoient la proposition en pièce jointe et attendent la réponse. Le client la lit seul. Il bute sur le prix puis il la range sans vous rappeler. Fixez la réunion de présentation pendant le rendez-vous de découverte, avant même d’écrire la proposition. Envoyez ensuite le document la veille de cette réunion.

Présenter puis relancer la proposition

La présentation dure trente minutes en visioconférence ou au bureau du client. Le commercial y parcourt les quatre blocs avec son interlocuteur et, si possible, avec le décideur. Il note chaque objection, puis il demande ce qui empêcherait le client de signer à la date prévue.

Faire réagir le décideur pendant la réunion

Vous posez une question à la fin de chaque bloc : « Est-ce bien votre situation ? », puis « Cette solution règle-t-elle ce point ? ». Le client corrige en direct ce qui ne lui convient pas et vous envoyez une version corrigée le jour même. Un décideur qui a amendé le document le considère comme le sien au moment de signer.

Relancer sur la date de décision

Si la date de décision passe sans réponse, vous appelez le lendemain et vous demandez où en est le choix. Vous évitez l’email « avez-vous pu prendre connaissance de notre proposition ? », qui laisse au client la facilité de ne pas répondre. Notre méthode pour relancer un prospect sans être lourd détaille la cadence et les messages.

À retenir

Vous rédigez une proposition commerciale B2B pour le décideur absent du rendez-vous. Vous obtenez d’abord le problème, son coût, les lecteurs et la date de décision. Vous écrivez ensuite quatre blocs dans l’ordre du lecteur. Vous présentez enfin le document en réunion au lieu de l’envoyer seul.

Comment rédiger une proposition commerciale B2B ?

Vous commencez par la situation du client, avec ses mots et le coût de son problème. Vous décrivez ensuite la solution limitée à ce problème, puis le prix rapporté à l’enjeu. Vous terminez par la prochaine étape et la date de décision. Selon RAIN Group, 47 % des propositions aboutissent en moyenne, contre 72 % chez les meilleurs vendeurs.

Combien de pages doit compter une proposition commerciale ?

Quatre à six pages suffisent pour la plupart des ventes de PME B2B, annexes techniques à part. Le décideur lit le document seul et rapidement. Vous ajoutez une page seulement quand elle répond à une question que le décideur vous a posée.

Faut-il envoyer la proposition commerciale par mail ?

Vous l’envoyez par mail la veille d’une réunion de présentation déjà fixée. Une proposition envoyée seule laisse le client buter sur le prix sans personne pour répondre à ses questions. La réunion vous permet de corriger le document avec lui.

Comment rédiger une lettre de proposition ?

La lettre de proposition accompagne le document en une demi-page. Vous y rappelez le problème du client en une phrase, la solution retenue en une phrase et la date de la réunion de présentation. Vous la signez avec votre ligne directe.